See English version: Industrial wind plant? There's nothing "Green" about it!
Centrale industrielle d’éoliennes? Nous sommes loin de « passer
au vert »!
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8 avril, 2007
Ne nous leurrons pas : il n’y a rien « d’écologique » dans le projet de centrale éolienne de Stanbridge Station. Il s’agit plutôt d’une entreprise industrielle colossale, d’un vrai mégaprojet qui changerait l’économie, la culture, le paysage et l’horizon des Cantons-de-l’Est.
Sur cet emplacement, où la plaine de Montréal rencontre les premiers plis des collines du Piedmont appalachien, les agriculteurs ont déployé de durs efforts, pendant deux siècles, à ramasser des pierres, installer des tuyaux d’argile, labourer et fertiliser la terre pour finalement créer une zone agricole de premier choix. C’est sur cet emplacement même que les développeurs de parcs éoliens viendraient planter leurs gratte-ciel énormes dont la hauteur n’aurait rien à envier à celle de nombreuses tours du centre-ville de Montréal.
C’est sur ces terres fertiles qu’ils viendraient déverser par camion des milliers de chargements de pierre concassée pour construire un réseau de plusieurs kilomètres de routes d’accès, assez larges pour accommoder le passage des grandes remorques de livraison et des grues de chantier. Ils retireraient la couche arable, ébranleraient les systèmes de drainage et creuseraient des puits de fondation gigantesques qu’ils rempliraient de béton armé pour créer des fondations permanentes.
Ensuite,
si tout se passait bien comme les développeurs le souhaitent, les tours
arriveraient alors sur des plateformes tractées surdimensionnées,
elles seraient dressées dans les airs par des grues de levage géantes
et ancrées aux dalles de fondation. Les cheminées
éoliennes seraient alors prêtes à tourner,
générant ce son de broyage, ce bruit sourd que tous les
résidants avoisinants entendraient, quelques-uns d’entre eux
à moins de 500 mètres de leur maison.
Les profits couleraient alors si le régime des vents se révèle adéquat à l’altitude atteinte par ces aiguilles massives. Une partie infime de ces fonds se déverserait dans la bourse d’un petit nombre de propriétaires ayant signé des ententes avec le promoteur, et une contribution annuelle de principe serait accordée aux municipalités concernées. Le reste de l’argent disparaîtrait de la région et l’énergie électrique sporadique rejoindrait le réseau pour donner un coup de pouce à l’excédent d’électricité que le Québec destine à l’exportation.
L’imprévisibilité des vents veut dire que nous ne sommes pas assurés de sa présence aux moments où nous en aurions le plus besoin, lorsque nous pourrions l’utiliser pour chauffer nos maisons, au cœur de l’hiver. Il ne peut donc remplacer d’autres sources énergétiques et il y a bien moins d’avantages au niveau écologique que ce que veulent suggérer les promoteurs de fermes éoliennes. Québec est de plus l’un des endroits les plus riches au monde en matière de production hydroélectrique propre et fiable. Alors, pourquoi cette hâte à couvrir nos sols fertiles de champs d’éoliennes? Se pourrait-il qu’il y ait un lien avec le fait que l’emplacement de Stanbridge Station encadre une ligne d’Hydro-Québec bénéficiaire d’une servitude qui conduit directement aux États-Unis, facilitant ainsi l’exportation de cette électricité excédentaire? Est-ce que la région des Cantons-de-l’Est devrait vraiment devenir une zone industrielle pour permettre aux climatiseurs de New York et de Boston de fonctionner à plein régime?
Si
cette centrale d’éoliennes voit le jour, il ne restera rien au
reste de notre communauté que quelques emplois d’entretien et une
forêt de 51 aéroturbines, visibles de toute la circonscription. Si
les organismes gouvernementaux permettent l’éclosion de ce projet,
un précédent dangereux sera alors établi pour convertir en
champs d’éoliennes industriels les terres agricoles
jusqu’alors protégées du Québec.
Les processus d’examen se déroulent ces prochaines semaines, ces prochains mois. Nous devons tous rester sur nos gardes et rendre notre opposition très claire autrement, il se pourrait que nous nous réveillions un certain matin pour réaliser que nous avons laissé la belle campagne historique des Cantons-de-l’Est être transformée en zone industrielle.
Eden Muir
Frelighsburg, Québec
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